Les Rendez-Vous de la Mobilité : ce qu’il faut retenir

Retour sur les Rendez-Vous de la Mobilité du 22 mars 2018

Jeudi 22 mars dernier, l’Agence de Mobilité du Nord-Isère organisait ses premiers Rendez-vous de la Mobilité, sur le thème « Nouveaux usages de la voiture et alternatives : quelles mobilités pour les territoires péri-urbains et ruraux d’aujourd’hui? » à la CCI de Villefontaine.

Cette journée avait pour objectif de mettre autour de la table les différents acteurs (élus, usagers, entreprises…) pour réfléchir ensemble à la problématique des déplacements sur le Nord-Isère, aux actions à mettre en œuvre et au rôle de l’Agence de Mobilité, sur un territoire où les transports en commun sont peu nombreux et où la dépendance à la voiture individuelle est très forte. Un sujet fort à propos en ces temps agités pour l’Agence de Mobilité, dont la pérennité n’est pas assurée.

La journée a cependant été un succès, preuve que la thématique des déplacements intéresse et affecte les personnes qui vivent ou travaillent sur le Nord Isère.

La centaine de participants a pu bénéficier des expériences d’autres territoires, de l’expertise de sociologues et de structures comme le CEREMA et de nouveaux outils de développement du covoiturage mis en place par des start-ups comme Ecov.

(Re)voir le programme de la journée

Quelques chiffres à retenir :

Quelques chiffres très évocateurs ont été énoncés par les différents intervenants. Des chiffres qui nous rappellent que la voiture a un coût à la fois individuel et collectif élevé. En revanche, le traitement de la mobilité par des structures dédiées représente un coût assez faible pour la collectivité ! Saviez-vous par exemple que :

  • Une voiture prend 300 fois plus de place qu’un bus : elle prend de la place au départ et à l’arrivée. Une forme de privatisation de l’espace public.
  • 20% des ménages représentent 68% des kilomètres parcourus en voiture
  • Le budget transport représente en moyenne 14% du budget des ménages français et peut représenter jusqu’à plus de 30% (=précarité énergétique)
  • La mobilité coûte en moyenne 3000€ par an et par personne
  • L’Agence de Mobilité ne coûte aux intercommunalités que 43 centimes d’euros par habitant (contre 5 € pour d’autres structures du même type).

Matinée de conférences et de débats :

Vous trouverez ci-dessous les présentations de chacun des intervenants, disponibles en téléchargement :

Session 1 : La place de la voiture dans les territoires péri-urbains et ruraux : quelles évolutions, quelles perspectives ?

Session 2 : La promotion des modes de déplacement alternatifs dans le développement des villes et territoires : quel cadre réglementaire, et à quel prix ?

Groupes de travail de l’après-midi :

L’après-midi, en plus de trois témoignages d’actions mobilité menées sur le territoire (par une entreprise, un collège et une commune), preuve que sur le Nord-Isère aussi, des initiatives émergent, les participants se sont répartis en trois groupes de travail. Vous trouverez ci-dessous les sujets abordés et les conclusions de chaque groupe.

Groupe 1 : Voiture partagée et courtes distances : quels modèles probants pour le Nord-Isère ?

  • Utiliser la contrainte et la valorisation pour pousser les changements de comportement. Exemple : interdire le stationnement près des écoles. En plus de favoriser les modes doux, cette interdiction éviterait la dépose « en drive » dangereuse et source de problèmes de circulation.
  • Mieux communiquer sur les outils déjà existants : l’offre est tout de même importante, mais pas assez connue ou pratiquée.
  • S’appuyer sur les entreprises et les relais emploi (Pôle emploi / MLNI …) pour travailler sur les déplacements domicile-travail.
  • Simplifier l’accès et la lisibilité de l’offre (exemple : l’autopartage avec Citiz et les sites de location entre particuliers, qui nécessitent de s’inscrire à plusieurs endroits).
  • Impliquer davantage les élus.

Groupe 2 : 51% de déplacements de moins de 3 kms dans le Nord-Isère : comment développer la pratique des modes actifs (vélo et marche) ?

  • Mieux communiquer sur les projets de l’Agence et sur l’Agence elle-même.
  • Mettre en place un logo et un slogan à diffuser le plus possible (sur les stationnements vélos, itinéraires…).
  • Créer une carte avec les distances et les temps de trajet accompagnée d’un jalonnement sur le terrain (marche et vélo).
  • Convaincre les élus en mettant un maximum de personnes sur des vélos pour avoir un poids dans les discussions et les pousser à réaliser des aménagements. Cependant, le grand public ne se sent pas en sécurité sans aménagement : c’est le principal frein pour le développement de la pratique du vélo. Aménagements, sensibilisation et services doivent donc être développés ensemble.
  • Associer les entreprises, les médias et les habitants pour convaincre les collectivités.
  • Mieux communiquer sur les arguments favorables au vélo (chiffres de la qualité de l’air, des effets néfastes de la sédentarité et insister sur l’argument économique du vélo).
  • Communiquer pour améliorer l’image du vélo.

Groupe 3 : Les acteurs concernés par la mobilité dans le Nord-Isère : comment impliquer l’ensemble de ces acteurs (collectivités, socio-professionnels et habitants) et quel rôle pour l’Agence de Mobilité du Nord-Isère ?

  • Il y a un décalage entre l’absence d’implication de certains élus dans l’Agence et la prise en compte de la problématique et des éléments fournis par l’Agence dans certains documents de planification (ex. : le SCOT de la Boucle du Rhône en Dauphiné, qui même s’il est encore assez routier, prend en compte les alternatives à la voiture et les préconisations de l’Agence).
  • L’une des raisons du manque d’implication des élus tient à l’absence d’obligation légale pour les intercommunalités à avoir la compétence mobilité (sauf pour la CAPI, qui est AOM). La loi mobilité à venir imposera peut-être cette compétence obligatoire pour les intercommunalités.
  • La question du schéma directeur vélo du Nord-Isère : ce type de schéma fonctionne ailleurs, dans les villes mais aussi dans les territoires ruraux.
  • En cas de suppression du soutien des intercommunalités : l’Agence pourrait diversifier ses financements sous forme de prestations ; ne pas être raccrochée à un territoire géographique particulier ; mutualiser la compétence énergie et mobilité au sein d’une même structure.
  • L’Agence pourrait mettre en place des commerces ou services itinérants pour éviter aux habitants de se déplacer.

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